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Créer son entreprise quand on est jeune diplômé

Vous rêvez de devenir votre propre patron en créant ou en reprenant une entreprise ? De nombreux dispositifs peuvent vous accompagner et vous permettre d’aborder sans grands heurts l’aventure de l’entrepreneuriat.



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Actualité

Création du « statut étudiant-entrepreneur » pour les étudiants et jeunes diplômés

Geneviève Fioraso, Secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur, avait présenté en octobre 2013 un plan d’actions en faveur de l’entrepreneuriat étudiant, et notamment la création d'un statut "étudiant-entrepreneur". Entré en vigueur le 15 septembre 2014, ce statut est accessible à tous les étudiants ou jeunes diplômés porteurs de projets de création d’entreprise.

Ce statut permettra, aux étudiants et jeunes diplômés qui créent et innovent, de continuer à bénéficier du statut d’étudiant, et des droits sociaux associés, par le biais d’une inscription au sein d’un diplôme d’université (D.U.) "Création d’Entreprises Innovantes et Entrepreneuriat". Pour y avoir accès, il faudra être sélectionné par une Pépite (Pôles pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat) du campus de rattachement de l’étudiant et avoir moins de 28 ans. Un jury sera chargé d’évaluer la qualité du projet. Un budget de 4,6 millions d’euros sera consacré à ce projet comprenant la mise en place de 29 Pépites comprenant des espaces de co-working, des dispositifs d’accompagnement… Celles-ci couvriront l’ensemble du territoire français, y compris les DOM-TOM.

Par ailleurs, les projets entrepreneuriaux des étudiants en cours de formation pourront être pris en compte pour la validation de leur diplôme. Autrement dit, les étudiants pourront effectuer leur stage de fin d'études au sein de leur propre entreprise. 

Un nouveau statut et un soutien financier 

Autre innovation : le soutien financier aux meilleurs projets des étudiants et jeunes diplômés par la création d’un prix "Tremplin Entrepreneuriat Etudiant". Les meilleurs projets issus des PEPITE (Pôles Etudiants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat) pourront se présenter au concours national d’aide à la création d’entreprises du Ministère. 

Jusqu’à 50 lauréats pour la création et le développement d’entreprises pourront être sélectionnés, avec un prix de 10 000 euros pour la catégorie "création-développement", et de 5 000 euros pour la catégorie "émergence". L'objectif à l’horizon 2017 : la création ou la reprise de 20 000 entreprises par de jeunes diplômés.

Julie Mleczko



Tout savoir

Où trouver de l'information et du soutien pour créer sa société ?

Pour démarrer, plusieurs structures peuvent vous conseiller et vous accompagner.

C’est le cas des chambres de commerce et de métiers, l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprise), Pôle Emploi. Ou bien encore des réseaux de jeunes entrepreneurs, à l’instar du Moovjee qui propose, en plus d’un accompagnement par des experts métiers bénévoles, un programme de mentoring. Le principe : un entrepreneur expérimenté aide le jeune à se poser les bonnes questions, à trouver des idées, et à développer progressivement son savoir-faire et son savoir-être. Au nombre de ces réseaux figurent entre autres 100 000 Entrepreneurs, Entreprendre pour apprendre, Innovons ensemble, Petit Poucet, etc.

Côté réseaux sociaux, de nombreuses plates-formes voient également le jour. Par exemple, le réseau social Wizbii dédié aux jeunes diplômés et/ou entrepreneurs ou encore le Réseau Galilé qui lance, début décembre 2013, Galilé360, un réseau social offrant aux jeunes entrepreneurs et aux entrepreneurs aguerris la possibilité de créer leur profil personnel, puis de se mettre en relation pour échanger les bonnes pratiques entrepreneuriales.

Les différents statuts pour une entreprise et le statut d’auto-entrepreneur

Pour permettre à votre projet de voir le jour en toute légalité, il faut définir un cadre juridique.

L’APCE (agence pour la création d'entreprise) met à votre disposition une application pour vous aider à identifier la formule la mieux adaptée à votre situation. Sachez d’ores et déjà qu’en choisissant de constituer une société (SA , SARL , EURL…), votre entreprise dispose de son nom et de son patrimoine propres. En tant que dirigeant, vous agissez en son nom. Selon l’APCE, « si vous êtes gérant majoritaire d’une SARL ou associé unique d’une EURL, vous serez rattaché au régime des indépendants. Dans les autres cas, vous dépendrez du régime général des salariés ».

Si vous tenez à disposer d’une totale liberté d’action, l’entreprise individuelle répondra à vos attentes. De plus, vous aurez peu de formalités à remplir : une simple demande d’immatriculation suffit. En tant que jeune diplômé, le régime d’autoentrepreneur semble le plus simple. En vigueur depuis janvier 2009, il permet de bénéficier d’une exonération de TVA et d’un régime social simplifié. À condition, toutefois, de ne pas dépasser un certain seuil de revenus. Mais ce statut n’est pas sans risque : responsabilité vis-à-vis de vos clients, risque sur votre patrimoine personnel, voire celui de votre conjoint si vous êtes mariés sous la communauté des biens.

Pour vous prémunir contre tous ces désagréments, certains spécialistes recommandent d’opter pour le portage salarial ou d’utiliser le statut d’auto-entrepreneur juste pour évaluer une idée. Dans tous les cas, vous évitez de vous arrêter à la rentabilité à court terme. Étudiez les risques que vous prenez et essayez de vous projeter dans l’avenir.

Il faut savoir que le gouvernement va plus loin pour développer l’envie d’entreprendre chez les jeunes. Avec l’entrée en vigueur du régime EIRL – entreprise individuelle à responsabilité limitée – depuis le 1er janvier 2011, la création d'entreprise est même accessible aux jeunes de 16 à 18 ans. Les auto-entrepreneurs peuvent opter pour ce statut qui garantit « en cas de faillite, que les biens personnels des entrepreneurs seront protégés des créanciers professionnels ».

La rédaction des statuts est une étape-clé pour pouvoir lancer officiellement la création de son entreprise. Une fois les statuts choisis et rédigés, il faut ensuite ouvrir un compte bancaire professionnel. Devant le banquier, il faut présenter son projet, un prévisionnel financier, et convaincre que son idée est viable et peut être rentable. À la suite de quoi, on doit s’immatriculer au registre du commerce et des sociétés ainsi qu’au répertoire national des entreprises. Cette démarche s’effectue auprès du CFE (centre des formalités d’entreprise) qui assure la mission de guichet unique.

Conseils

Élaborez un business plan

Ce n’est qu’après avoir validé votre projet que vous vous pencherez sur le business plan. Vous devrez y formaliser, par écrit, la stratégie que vous comptez adopter pour le développement de votre activité.

Marketing, communication, financements : tout doit être parfaitement pensé. Car c’est à partir de cette feuille de route que vous pourrez notamment convaincre de potentiels investisseurs de la viabilité de votre projet. Il met en lumière les grandes tendances et les acteurs du marché, permet d’avancer des prévisions chiffrées et de mettre en place une stratégie pour les atteindre.

Explorez la piste des concours

Participer aux concours constitue une bonne façon d’obtenir un coup de pouce financier et de rencontrer des spécialistes, des chefs d’entreprise ou des investisseurs.

Sur les 150 concours organisés chaque année en moyenne pour les créateurs, 70 sont ouverts aux jeunes diplômés. Inutile de participer à tous : mieux vaut choisir ceux qui sont adaptés à votre projet et/ou à votre profil.

Exemple ? Le Prix MoovJee. Il récompense des jeunes entrepreneurs qui créent leur société pendant leur études ou jusqu’à deux ans après la fin de leur cursus de montants allant de 2 000 à 10 000 €. Il prévoit aussi un tutorat individuel des lauréats et de tous les finalistes.

Autre exemple : le concours Défi Jeunes, organisé dans le cadre du programme national de soutien aux initiatives des jeunes Envie d’agir. Dédié aux 18-30 ans, il comprend des conseils à la création, un suivi personnalisé et des aides financières pouvant aller jusqu’à 6 000 euros.

Autre piste : le prix PEPITE - Tremplin pour l’entrepreneuriat étudiant, lancé par le ministère de l’enseignement supérieur suite à la création officielle du statut national d'étudiant-entrepreneur. Il s’adresse aux étudiants ou jeunes diplômés depuis moins de trois ans, âgés de 18 à 30 ans, qui ont pour projet de créer une entreprise innovante. Les lauréats sont récompensés et reçoivent, une fois l’entreprise créée, un prix d’un montant de 5 000 à 10 000 euros.

Côté financement, le parcours Nacre permet d’obtenir un prêt de 1 000 à 10 000 euros sans intérêt. Autre prêt intéressant, le prêt étudiant Oséo avec lequel vous pouvez obtenir jusqu’à 7 000 euros, sans caution ni condition de ressources.

Enfin, nombreuses sont les entreprises, qui, via leur fondation, financent des projets élaborés par des étudiants. Renseignez-vous.

Retrouvez la liste des différents concours sur le site de l'APCE.

 

Paroles d'expert

Création d'entreprise : « Bien s’entourer est capital »

Jennifer Moukouma est présidente du Mash Up.

« Mash Up est une association créée en 2011 pour promouvoir l’entreprenariat auprès des étudiants d’écoles et d’universités. Nous organisons un événement tous les deux mois durant lesquels 400 à 450 jeunes assistent à une table ronde autour d'entrepreneurs de renom venus pour donner des conseils pratiques, découvrent des projets de startups lors du concours de pitch et échangent avec d'autres étudiants et entrepreneurs. Les objectifs de cette démarche : sensibiliser les étudiants à l’entreprenariat, permettre aux futurs entrepreneurs de faire du networking en fonction de leur profil et de confronter leur projet à la réalité du marché. Le dialogue est très important. Avant de se lancer, il faut parler de son idée à d’autres personnes, qui seront potentiellement vos futurs clients. Ils pourront vous faire des retours pertinents. Le feedback est nécessaire pour faire avancer son projet. Car ce n’est pas tant l’idée qui fait la réussite d’une entreprise mais sa bonne exécution. Bien s’entourer est donc capital, d’où la création de l’association par et pour des étudiants, un genre d’écosystème pour les jeunes entrepreneurs. Il est possible d’intégrer également un incubateur pour disposer d’un encadrement, d’experts et se former afin de compléter son profil (suivre une formation en gestion pour un développeur par exemple). »

 

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